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Carnets d'explorations
Le blog Naturexplo
Publication le 2 octobre 2019
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Pourquoi vous pourriez être déçu en venant à Bora-Bora…

Aaah, Bora-Bora, la Polynésie, les plages de sable fin, les eaux turquoise… Rien que des choses qui font rêver ! Qui n’a jamais rêvé d’aller passer des vacances dans un cadre aussi idyllique ? Bronzer toute la journée en sirotant des cocktails dans une noix de coco, se promener en bord de plage les pieds dans l’eau, profiter des spécialités culinaires de l’île et de son climat estival toute l’année… Pourtant, en mettant les pieds pour la seconde fois sur Bora, un point majeur me vient en tête : le manque d’authenticité. Parce qu’aucun endroit au monde ne peut avoir que des avantages et vendre autant de rêve, je vais vous expliquer pourquoi un passage sur Bora qui pourrait sembler à priori parfait pourrait quelque peu vous décevoir…

 

Le revers de la médaille : paysages & transports

Bora-Bora mérite bien sa réputation et les clichés qu’on en voit un peu partout sur le net sont authentiques… Tout du moins, du côté touristique de l’île.

 

En parcourant les 32 kilomètres de route qui entourent l’île, vous constaterez que les décors de carte postale sont loin d’être le reflet de la vie locale. Exit la vie dans les hôtels luxueux sur les motus de l’anneau de Bora, sur l’île principale, en vous éloignant un peu de la pointe de Matira, vous vous éloignerez progressivement des décors idylliques mis en avant dans les brochures et les émissions de voyages. Les amateurs de côtes un peu plus authentiques et sauvages pourraient sans doute trouver leur bonheur, mais sans commune mesure avec la beauté et l’authenticité offerte par certaines îles voisines telle que Huahiné.

 

Côté transport, aucun service public. Une fois le pied posé sur l’île principale, il faudra vous débrouiller avec les professionnels qui vont rythmer votre séjour. Les hébergements, les excursionnistes autant que les restaurants vous proposent de vous emmener et de vous ramener. Une bonne logistique pour à prévoir en conséquence. Pour toute découverte par vous-même, il vous faudra faire usage de vos deux pieds ou éventuellement louer une voiture (environ 14.000 à 20.000 XPF la journée, soit 115  à 160 euros).

 

 

Une île trop touristique ?

Dans le début des années 1980, les autorités ont fait le choix d’une ouverture touristique particulièrement orientée sur le luxe pour éviter les phénomènes négatifs du tourisme de masse ; le but étant notamment de préserver les sites naturels.

Effet positif : surnommée la « Perle du Pacifique », Bora Bora peut toujours se vanter d’avoir un lagon d’une beauté incroyable. Arborant une teinte turquoise, il est entre autres toujours un endroit idéal pour s’adonner aux activités nautiques et aux rencontres aquatiques.

 

Malgré tout, tourisme de luxe ou pas, le littoral semble aujourd’hui excessivement privatisé et saturé. Ceci au détriment de la capacité du voyageur à profiter de l’île et à vivre un séjour authentique en parcourant les paysages qui constituaient la mémoire collective. Petit clin d’oeil au passage pour les squelettes de batiments sur pilotis abandonnés. Quel dommage..

 

Deuxième effet kiss cool : Deux types de paysages s’opposent finalement sur Bora.

Celui des complexes touristiques. Et celui des résidents locaux qui (dans une philosophie de vie relativement simple à la Polynésienne) frôle malgré tout parfois un niveau de vie proche des seuils de pauvreté. Un trou finalement conséquent dans la répartition des richesses générées par le tourisme au sein de la population.

 

Troisième effet kiss cool : Aucune information n’est vraiment donnée pour profiter de l’ile, en dehors des activités payantes. Le visitor center de Bora est d’ailleurs une honte. Il référence une dizaine de prospectus sur les professionnels de l’île, mais ne présente si non aucun intérêt.  J’y suis allé à deux reprises, et l’hôtesse d’accueil n’a chaque fois pas levé la tête de son téléphone pour même me saluer.

 

 

Des tarifs décourageants

Soyez bien prêts lorsque vous souhaitez commander votre billet d’avion et réserver votre hébergement : sachez que pour pouvoir séjourner dans un bungalow sur pilotis, il vous en coûtera la modique somme de… 200€ à 1000€ par nuit ! Romantique sans aucun doute. Mais pas vraiment à la portée de toutes les bourses…

Il en va de même pour certaines activités. Prenez par exemple le jet-ski, une simple balade avec un moniteur peut vous revenir à plus de 200€…

Pendant mon séjour, j’ai été prendre un verre dans un super bar restaurant (Le Bloody Mary). Après avoir bu un cocktail, il y avait sur la carte quelques encas. Dans mon viseur, des brochettes de bœuf. Au service, je me suis retrouvé avec un une brochette sur laquelle étaient empilés trois morceaux de bœuf, le tout facturé à 1800 XPF (environ 15€)…

 

Propreté de l’île

On entend souvent parler de la saleté de l’île, de ses plages polluées, etc… Bon, si les activités sur le lagon sont particulièrement intense #ferrydecroisière #milliersdepassagers, cela me semble plutôt exagéré. N’étant pas biologiste, j’aurais un peu du mal à évaluer réellement la qualité des eaux. Le lagon semble encore préservé et entretenu, mais la gestion des déchets demeure malgré tout un véritable problème sur Bora. Loin d’évoquer de simples fausses notes visuelles, certains quartiers de l’île ressemblent à des décharges en plein air.

 

En résumé, Bora-Bora vous offrira les trésors visuels escomptés lors de votre voyage, mais également bien d’autres beaucoup plus dispensables. Quelles que soient vos motivations, si vous planifiez de venir sur Bora, prévoyez un budget solide et ne vous attendez pas à vous retrouver seul au monde sur une île qui comme tout endroit paradisiaque, possède aussi ses vilaines faces cachées…

À mon sens, que vous soyez en quête de calme, de repos, d’activités nautiques ou terrestres, de confort, d’espaces sauvages, de perles de culture ou de quoi que ce soit d’autre, envisagez surtout d’aller faire un tour sur les îles voisines plutôt que de vous laisser séduire par Bora dont qui est je crois avant tout un produit marketing plus qu’un véritable paradis perdu à l’autre bout de la planète.